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René Schwaeblé - Sabbat !

 
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Arlito
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MessagePosté le: Lun 16 Mai - 19:24 (2016)    Sujet du message: René Schwaeblé - Sabbat ! Répondre en citant


Parlant du satanisme, nous ne pouvons passer sous silence le Sabbat.

Qu'était-ce que le sabbat ? L'on nous permette de ne pas prendre à la lettre tout ce que la légende raconte. C'était, peut-être, quelque chose comme une foire où se réunissaient les satanistes, les sorciers, les détraqués, les curieux d'aberrations, de miracles, d'enthousiasme et de messe noire, les éthéromanes, morphinemanes et autres, car l'on y célébrait la messe noire, et Satan lui-même officiait !

Voici la formule de l'onguent dont se servaient les sorciers pour aller au Sabbat :

Dans un vase bien couvert mettre :
  • Axonge, 100 grammes
  • Hashish, 5 grammes
  • Fleur de chanvre, fleur de coqueliquot, de quoi remplir le vase.
  • Racine d'ellébore, une pincée.
  • Graine concassée de tournesol, une pincée.
 


Laisser le tout, bien couvert, sur le feu, au bain-marie, pendant deux heures, puis, passer au clair en retirant du feu.
Le soir, avant de se coucher, se frotter avec cet onguent derrière les oreilles, descendre sur le cou, le long des carotides, puis, sous les aisselles et la région du grand sympathique, vers la gauche ; graisser, de même, les jarrets, la plante des pieds, les saignées des bras et des poignets. Se coucher.

***
**
*

SABBAT !



Il vient de pleuvoir. Une fraĉhe odeur de terre mouillée s'exhale. Les feuilles luisantes dégouttent. Une grande paix règne maintenant. Les prairies vont pouvoir s'endormir. Pourtant quelques oiseaux joyeux de la fin de l'orage, se remettent à jeter des petits cris, comme au commencement de la journée. Le soleil, aussi, ne peut se décider à attendre le lendemain pour reparaître : sa boule rouge, aveuglante, dissipe les nuages, éclate parmi le vert-nil, le jaune-cuivre, le rouge écarlate. Et tout s'assouplit, s'éteint dans une mélancolie infiniment douce.

Une étoile luit, puis une autre, puis beaucoup. Par l'immense silence de la campagne neuf heures sonnent là-bas, au vieux clocher.

Un appel bizarre a retenti, une voix qui n'est pas une voix, un son qui n'est pas un son, un souffle qui n'est pas un souffle. Et d'étranges ombres passent dans la nuit, des loques, des figures, des monstres, des boucs si rapides qu'à peine on les devine. Les arbres tremblent, les feuilles frissonnent, et l'on ne sent le moindre vent, l'eau de la mare bouillone, et nul poisson ne l'agite, les fleurs se ferment, se dissimulent sous l'hebre, et nulle main ne les touche, les petits oiseaux se resserrent les uns contre les autres, et nul froid ne les glace. Seul, un gros corbeau croasse gaiement, aussi gaiement que le peut un corbeau.

C'est l'heure de Sabbat.

Les paysans attardés aux travaux des champs excitent leurs chevaux, point soucieux de rencontrer l'idiot, la folle, celle qui rampe, le bossu , celle qiu bégaye, celui qui a un bec de lièvre, l'aveugle, les monstres du village, ceux qui vont au Sabbat, et ils se signent largement en passant devant le calvaire.

... Sabbat ! Sabbat ! La nature entière est à tes invités. Quel remue-ménage ! Que de personnes, que d'animaux conviés à la fête. Satan donne, ce soir, une grande réception ! Et quels équipages baroques, quelles montures fantastiques ! Voici les sorciers riches, les princes, les grands ducs, les parvenus, sur d'énormes boucs aux cornes dorées, à la barbe bien peignée ; en voici d'autres moins magnifiques, sur le cheval de l'Apocalypse ; en voilà qui font des économies, qui sont trois sur le même bidet ; ceux-ci s'accrochent à une grenouille plus grosse qu'un boeuf,, ceux-là - les pauvres - ont simplement enfourché un manche à un balai, un bâton. Il en est, même, qui volent sans aide.

Maistous emportent quelque chose pour le Maître. Ce ne sont pas, d'ailleurs, les choses les plus somptueuses qu'il préfère : il méprisera la bourse de deniers et sourira au crâne ou au nombril d'un enfant, à une chandelle noire, à un pot de graisse de pendu, à une fiole de morelle distillée, il ne voudra point entendre les vibrations d'un stradivarius, mais il se délectera au bruit des casseroles frappées l'une contre l'autre.

Cette nuit, rendez-vous dans la clairière où l'herbe pousse épaisse, grasse, où elle ne repoussera jamais. Ah ! elle est luxueusement installée : des grosses pierres - des dolmens - ont été amenées, qui serviront de tables. Les chats grimpent dans les arbres pour éclairer leurs yeux. Déjà, le lieu s'anime, presque tous les invités sont là, on sait que Satan n'aime pas attendre.

On rectifie sa toilette, c'est-à-dire on se déboutonne, on met ses vêtements à l'envers, on les lacère, on se coiffe d'une façon grotesque, ou bien on fait la leçon aux enfants, on leur explique dès que le Maître aura paru, dès qu'ils se seront bien repus de sa sublime Majesté ils devront discrètement s'armer de baguettes, conduire à la mare ces belles grenouilles qu'ils voient habillées de velours vert, avec des colerettes bien tuyautées et des grelots sonnant joyeusement, et ne pas s'efforcer de regarder ce que feront leurs parents. S'ils sont sages, ils auront un morceau de la galette du sabbat, de la bonne galette de millet noir.

Les derniers invités sont arrivés.

Tout à coup, il se fait un grand silence. Satan apparaît.

Il apparaît en forme d'un énorme bouc ailé, orné d'une longue queue, à pieds et mains d'homme, avec entre les cornes une flamme verte qui sert d'auréole. Il est accompagné d'un nombreux cortège de feux follets et de démons. Gravement, il a fait le tour de l'assemblée. Puis il s'assied sur la plus grosses des pierres, et commande d'amener ceux qui désirent être reconnus pour sorciers.

Tremblants d'émotion, sous les quolibets et les injures de la foule, les postulants avancent. Chacun doit abjurer sa foi et le baptême chrétien, répudier le patronnage de la bienheureuse vierge Marie renier tous les sacrements de l'Eglise et fouler aux pieds la Croix et les Saintes Hosties que des sorcières ont apportées dans leur bouche ; s'obliger par serment solennel à être perpétuellement fidèle et soumis à Satan, obéir à tous ses mandements ; sur les Ecritures, c'est-à-dire sur un grand livre à pages noires et obscures, prêter serment de vasselage éternel ; jurer qu'il viendra toujours et sans retard aux assemblées quand il sera convié, qu'il y fera ce que font les autres sorciers, qu'il tâchera d'amener autrui en la créance de Satan.

Alors, le Maître le rebaptise, lui donne un autre nom, de nouveaux parrain et marraine, et lui imprime de ses ongles une marque sur l'épaule.

... Le Sabbat va commencer.

Au son de hautbois criards, une longue théorie se développe : borgnes, bossus, boîteux, culs-de-jatte, démons, bêtes, gens, tout cela forme une effroyable sarabande, des rondes où des danseurs se tournent le dos (car, certaines sorcières y viennent incognito, des reines, des princesses, Mme de Montespan). La cohue grouille hideusement, les uns sont en l'air quand les autres sont en bas, il n'est permis à personne d'être fatigué, vieux et jeunes doivent sauter, se tortiller, se disloquer, des petits démons secouent rudement ceux qui se laissent tomber, les rejettent dans la bacchanale, les faces dégouttent de sueurs, les yeux deviennent hagards, les langues pendent, Satan ne permet pas encore de s'arrêter, il permet seulement de chanter, et les sorciers crient : Har ! har ! Diable ! Diable ! faulte-ici ! faulte-là ! jouë ici ! jouë là ! Sabbat ! Sabbat ! Ah ! Ah ! Philippe ! (1).

Enfin le Maître lève un doigt : c'est l'instant du banquet.

Nos gens se précipitent vers les grosses pierres, y prennent place.

Maigre festin en vérité : la vin a le goût d'encre de sang gâté, la viande est chait de cheval ou d'enfant. Et, naturellement, point de sel, lequel est symbole d'éternité et de sagesse. Le festin terminé, les sorcières s'accouplent et paillardent abominablement avec leurs démons.

Il s'agit, ensuite, de rendre compte à Satan de ce que l'on a commis depuis la dernière assemblée. Tous ne sont pas très fiers, ne confessent pas très hardiment ; ils savent bien que le Maître les punira, que les autres sorciers se gausseront joliment de ceux qui n'ont fait périr que quelques moutons, gâté que quelques champs, de ceux qui n'ont point tué d'enfants, qui n'ont même point amené des maladies aux voisins. Vraiment, c'était bien la peine que Satan leur donnât des poudres d'où naissent des sauterelles, des limaces et autres bêtes nuisibles, qu'il leur enseignât à faire grêler, pleuvoir et tonner, à confectionner d'épouvantables poisons, à répandre l'incendie, à nouer l'aiguillette, à vanter le charme de la morphine et de la cocaïne, à tricher aux cartes !

Dame, son humeur se ressent du plus ou moins grand nombre de méchancetés commises, et son discours gronde ou félicite en conséquence - dans lequel il exhorte ses accolytes à lui demeurer fidèles, à le bien servir, à exercer le plus de mal qu'ils pourront. Enfin, il se calme, et solennellement, pour les encourager et récompenser, leur tend à embrasser les parties honteuses de derrière.

De nouveau, l'on apporte du vin à goût d'encre, et les danses reprennent : vieux et jeunes doivent sauter, se disloquer, borgnes, bossus, bêtes, gens, tout cela forme une effroyable sarabande, aux cris de : Har ! har ! Diable ! Diable !

... Et soudain tous disparaissent : le coq a chanté.

Dans la clairière, plus de traces de sabbat, plus de pierres. Les bûcherons s'étonnent, seulement, de voir l'herbe roussie.

- Quelquefois, l'on célèbre la Messe, au cour du Sabbat. Tantôt c'est Satan qui officie lui-même ! jour de grande fête ! tantôt c'est quelque prêtre venu sur un lutrin, Guibourg, Vintras, Boullan, Maret...


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MessagePosté le: Lun 16 Mai - 19:24 (2016)    Sujet du message: Publicité

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